Bruniquel
se situe sur un piton vertigineux surplombant le confluent
de la Vère, qui vient de l’Albigeois, et
de l’Aveyron au sortir des gorges du même
nom.
Ici se rejoignent trois régions naturelles, collines
et plaines du Bas-Quercy, plateau calcaire du Causse
et massif primaire de la forêt de Grésigne.
Bruniquel possède les plus vieilles traces au
monde laissées par l’homme préhistorique
en milieu souterrain profond. A 350 mètres de
l’entrée de la cavité, une structure,
datée à 47600 ans au moins, est érigée
au centre d’une salle (découverte de la
Société Spéléo-Archéologique
de Caussade).
A Bruniquel, l’art commence avec les Magdaléniens.
Au pied du château, les abris ont livré
des pièces qui font la fierté des plus
grands musées notamment du British Museum et
du musée de Saint Germain en Laye.
Le château légendaire de la reine Brunehaut
(M.H.) domine d’un côté la falaise
de l’Aveyron, de l’autre le village étagé
à flanc de colline. Le lieu avait été
attribué à la reine en 587 jusqu’à
son exécution en 613, ses cheveux attachés
à la queue d’un cheval. En 1211 le troubadour
Guilhem de Tudèle, l’auteur de la «
chanson de la Croisade » s’y réfugie
chez Baudoin (demi-frère du comte de Toulouse
Ramon VI) qui livre Bruniquel aux Croisés et
est pendu comme traître, à Montauban en
1214.
Après la Croisade l’expansion économique
reprend ; un quartier nouveau se développe, en
contre-bas de la porte du beffroi, quartier bientôt
protégé d’un rempart, en 1355, au
niveau de la promenade du ravelin que domine l’église.
Ces remparts sont détruits après la paix
de Montpellier en 1622 entre Louis XIII et les Protestants,
ceux-ci ayant fait de la cité une place forte.
Bruniquel s’endort ensuite jusqu’au XIX
e siècle où se développent les
forges de Caussanus (I.M.H.) qui trouvent leurs matières
premières dans la Grésigne et le Causse.
Mais c’est à travers l’art et ses
paysages que Bruniquel va revivre. Déjà,
dans les années 1830, Bruniquel la quercynoise
et Penne d’Albigeois, sa sœur languedocienne
attirent les romantiques et les premiers voyageurs.
De 1915 à 1921 y vit Marcel Lenoir, peintre de
l’école de Montparnasse, admiré
de Picasso ; tout près de là un musée
retrace sa vie et son œuvre au château de
Montricoux. Le château de Bruniquel est entré
dans la légende avec le film de Robert Enrico
« le vieux fusil » en 1975.
Aujourd’hui Bruniquel se réveille grâce
au tourisme, à l’installation d’artistes,
au festival Offenbach organisé en août
par la compagnie Brunehaut, à la venue, à
demeure, d’européens du Nord, aux résidences
secondaires de toulousains, et à la chasse en
Grésigne.
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