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Des documents permettent d’affirmer que le safran
était cultivé en grande quantité
au Moyen Age sur un territoire allant, pour notre région,
de Caussade à Albi et de Laguépie à
Montauban. Dès cette époque, le safran
de l’Albigeois avait acquis ses lettres de noblesse.
Des quantités, inimaginables de nos jours, étaient
produites autour de notre ville : « En 1736 la
maison Rodolfe Wetter de Marseille fait à son
courtier de Caussade Boudet une commande de 200 livres
de safran ». Connaissant la nature et le prix
actuel de cette épice, il est possible de parler
d’ « Or rouge » du Caussadais.
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Au début du XVIe siècle, les relations
commerciales entretenues avec l’Allemagne, pays
amateur de notre safran local, ont pu influencer le
développement du protestantisme dans la région.
A la fin de ce même siècle, la production
abondante de safran donna lieu à la création
de foires spécialisées.
Pendant plus de deux siècles, le safran a été
considéré comme culture principale au
même titre que le blé, l’avoine,
le seigle, le chanvre, les prunes… En 1638, dans
les délibérations consulaires de Montpezat-de-Quercy,
un fermier demandait « un rabais sur le ferme
annuel, attendu qu’il y a eu des brouillards et
qu’il a fait de grands vents, ce qui a nui à
la récolte des pommes, des noix et du safran
».
Dans le registre des délibérations de
Caussade, on peut lire qu’en 1647 les consuls
se sont rassemblés sur la place publique pour
traiter du problème « de la dîme
du safran, foin et chanvre qui n’a jamais été
payée à Caussade ».
Comme l’Aveyron était navigable jusqu’à
Montricoux, au moins en hiver, le safran faisait partie
des marchandises qui étaient expédiées
à Bordeaux puis vers les pays nordiques. La ville
de Caussade utilisait à cet effet un port au
lieu-dit Gabarrot, sur la commune de Cayrac, entre Réalville
et Albias.
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La production de safran a brutalement décru dans
la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
A la Révolution, il ne restait que quelques rares
champs cultivés. Un questionnaire envoyé
par la sous-préfecture de l’arrondissement
de Montauban à monsieur le Maire de Caussade
le 2 septembre 1812 atteste de la disparition de cette
culture. Les paysans ont préféré
abandonner le safran au profit de productions vivrières
moins fragiles comme les céréales. En
outre, la concurrence du safran du Gâtinais, en
pleine expansion, a aussi contribué à
cette décadence.
Des enquêtes auprès de la population ont
montré que le safran s’est maintenu dans
la tradition culinaire de la vallée du Lot et
du Célé et des Causses proches de Limogne
juqu’au début du XXe siècle alors
qu’il est tombé dans l’oubli le plus
complet dans sa région la plus prospère,
Bas-Quercy et Albigeois. Espérons que la relance
agricole qui s’effectue depuis quelques années
permette au safran du Quercy d’apparaître
à nouveau dans les menus de nos restaurants,
retrouvant ainsi la place qui lui est due au même
titre que nos melons, fruits, poules
noires et canards gras…
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