|
A Septfonds on trouve les premières traces de
l’homme à l’âge du cuivre avec
plusieurs dolmens sur le plateau de Dardenne, langue
de Causse entre Caussade et Septfonds.
En 1130, appelés par le vicomte de Bruniquel,
des moines agriculteurs de l'abbaye de Cadoin, en Périgord,
fondent une abbaye à cet emplacement. En bons
cisterciens, ils s'installent près de l'eau (7
fontaines) pour défricher. En 1163, après
une guerre entre Ramon V de Toulouse et Henri II Plantagenêt,
ils déménagent à Saint-Marcel (Réalville).
Une chapelle, rebâtie aux XVIIe et XIX e siècles,
près de l’actuel cimetière dans
l’axe de l’ancienne route de Caussade, rappelle
leur souvenir.
Auparavant la petite agglomération constituée
au contact de l’abbaye est refondée un
siècle plus tard, entre 1249 et 1260, sous forme
d’une bastide du comte de Toulouse Alfonse de
Poitiers (gendre de Ramon VII vaincu de la croisade,
frère de Louis IX, dit Saint-Louis, le vainqueur).
En 1270, Alfonse octroie des coutumes à la bastide
; la ville est protégée au XIVe siècle
par une enceinte contenant 2 ha.
De 1572 à 1577, Septfonds passe à la
Réforme aux côtés de Caussade et
Nègrepelisse puis est définitivement ramenée
au parti catholique et royal. L'église Saint-Blaise,
rebâtie au XVIIe siècle, fut surélevée
en 1861 de même que le clocher et la façade.
Un peintre espagnol interné au camp de Judes
a exécuté le Chemin de Croix.
Au XVIIIe siècle, Richeprey rapporte que «
les meilleures terres sont calcaires avec un assolement
triennal, mais beaucoup ne rendent que 5, 4, 3 ou 2
fois la semence ».
Le XIXe siècle est le grand siècle de
Septfonds, la population passe de 850 habitants en 1800
à 1 235 en 1850 et 2 200 en 1900. A l’origine
de cet essor est la chapellerie ; fondée par
Péronille Cantecor en 1796 elle compte 25 usines
un siècle plus tard.
Le XXe siècle est celui du déclin progressif
de la chapellerie tant en raison du développement
de la mode de la tête nue que de la concurrence
des pays à faible coût de main d’œuvre.
C’est à Septfonds que naît en 1892
Dieudonné Costes, fils d’ouvriers chapeliers.
As de l’armée d’Orient, vainqueur
de l’Atlantique Sud en 1927, vainqueur en 1930
de l’Atlantique Nord dans le sens est-ouest, contraire
aux vents.
Prologue de la deuxième guerre mondiale, la
guerre d’Espagne jette en France les débris
de l’armée légale. Le 5 mars 1939
débarquent à Septfonds, dans un grand
champ, les premieres internés. Ils furent 16000
au total, les mauvaises conditions de départ
expliquent les 81 tombes du cimetière des Espagnols
au sud-ouest de Septfonds : « muertos al sol,
al frio, a la lluvia, a la helada » Rafael Alberti.
Ils furent bientôt libérés soit
pour travailler, soit pour s’engager da ns l’armée
française. Beaucoup ont fait souche dans la région.
Le camp se situait à Judes, à l’est
de Septfonds, nom prémonitoire : 295 juifs y
transitent en 1942 avant le dernier voyage dans les
trains de la mort. A la Libération le camp accueille
500 partisans de l’Etat français du maréchal
Pétain.
Sans avoir retrouvé son optimum de 1900 la population
, après avoir longtemps stagné autour
des 1500 habitants des années 1930 à 1980,
a retrouvé le niveau de 1860 habitants en 1999.

Septfonds - Entrée de la ville
Carte postale Avant 1914 |

Septfonds - La Mairie
Carte postale Avant 1914 |

Septfonds - 1939
Républicains espagnols parqués
au camp de Judes |
|